Commerce international : la guerre commerciale sino-américaine menace l’économie mondiale

Les Etats-Unis sont « en guerre économique » avec la Chine, a déclaré Steve Bannon, l’ex conseiller stratégique du président américain Donald Trump, dans un entretien au journal American Prospect en août 2017. Et depuis 2017, les offensives économiques entre les 2 pays ne font que s’enchainer. Nous vous proposons la suite des écrits sur le livre blanc publié par le Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat de la République populaire de Chine, intitulé « La position de la Chine sur les consultations économiques et commerciales sino-américaines » et qui donne la position politique de la Chine sur cette guerre, économique et commerciale sino-américaine.

Les mesures des Etats-Unis menacent la croissance économique mondiale. Alors que l'ombre de la crise financière internationale plane sur l'économie mondiale, le gouvernement américain a aggravé les frictions économiques et commerciales, et a augmenté les droits de douane supplémentaires, provoquant des mesures correspondantes de la part des pays concernés. Cela perturbe l'ordre économique et commercial mondial, freine la reprise économique mondiale et sape le développement des entreprises et le bien-être des citoyens de tous les pays, plongeant l'économie mondiale dans le "piège de la récession", selon le livre blanc.

Selon la banque japonaise Nomura, la politique douanière américaine instaure « une pression à la baisse accrue sur les exportations et les investissements manufacturiers de la Chine ». La croissance de la Chine, qui avait enregistré une hausse de 6,6% en 2018, devrait selon le Fonds monétaire international (FMI) atteindre 6,3% cette année.

De plus, comme la Chine doit imposer des droits de douane comme contre-mesure face aux hausses tarifaires imposées par les Etats-Unis, les exportations des Etats-Unis vers la Chine ont chuté pendant huit mois consécutifs. Les Etats-Unis sont également touchés par cette guerre. Les agriculteurs américains en souffrent. La Chine a ciblé des produits agricoles, dont le bœuf, le porc, le soja, les fruits. Un plan d’aide d’urgence de 12 milliards de dollars a été instauré en 2018, pour compenser les pertes de revenus. Le président américain Donald Trump leur a également promis une nouvelle enveloppe de 15 milliards de dollars. 

« A court terme, Donald Trump peut avoir l’illusion de gagner son pari, dans la mesure où le déficit commercial bilatéral avec la Chine se réduit. Mais ce n’est qu’une illusion. Soit le déficit se creusera avec d’autres partenaires (qui remplacent désormais la Chine), soit le déficit se réduit bel et bien mais au détriment des consommateurs qui paient désormais des produits plus chers », résume Françoise Nicolas, directrice du centre Asie de l’Institut français des relations internationales (IFRI), repris par le figaro. Selon le FMI, les perspectives de baisse de la rentabilité des entreprises qui résultent de cette guerre « pourraient entamer la confiance des marchés financiers et freiner d’avantage la croissance ». 

Les Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale en janvier 2019 ont révisé à la baisse les prévisions de croissance économique mondiale pour 2019 à 2,9%, citant les frictions commerciales continues comme un risque majeur à la baisse (www.banquemondiale.org). Le Fonds monétaire international a également réduit sa prévision de croissance économique mondiale pour 2019 à 3,3% dans son rapport sur les perspectives de l'économie mondiale publié en avril 2019, contre une estimation de 3,6% en 2018, suggérant que les frictions économiques et commerciales pourraient réduire davantage la croissance économique mondiale et affaiblir les investissements déjà faibles (www.imf.org).

Les mesures des Etats-Unis perturbent les chaînes industrielles et les chaînes d'approvisionnement mondiales. La Chine et les Etats-Unis sont tous deux des maillons clés des chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales. Compte tenu du volume important de produits intermédiaires et de composants en provenance d'autres pays dans les produits finaux chinois exportés vers les Etats-Unis, les hausses tarifaires imposées par les Etats-Unis porteront préjudice à toutes les multinationales, notamment celles des Etats-Unis, qui travaillent avec des entreprises chinoises. Les mesures tarifaires augmentent artificiellement les coûts des chaînes d'approvisionnement, et minent leur stabilité et leur sécurité. En conséquence, certaines entreprises sont obligées de réajuster leurs chaînes d'approvisionnement mondiales au détriment d'une allocation optimale des ressources, indique le livre blanc.

Il est prévisible que les dernières hausses tarifaires des Etats-Unis sur la Chine, loin de résoudre les problèmes, ne feront qu'empirer les choses pour toutes les parties. La Chine reste fermement opposée. L'administration américaine a récemment imposé une "juridiction au bras long" et des sanctions contre Huawei et d'autres entreprises chinoises sur la base inventée de la sécurité nationale, à laquelle la Chine est également fermement opposée, selon le livre blanc. Mais Huawei a préparé sa riposte. En effet, d’après le média  China Daily (dans son article publié le 11 juin 2019), qui cite une note qui aurait été publiée par la banque d’investissement Rosenblatt Securities, Huawei aurait déjà sérieusement commencé à tester son système d’exploitation HongMen. La note indiquerait même que Huawei aurait récemment expédié un million de smartphones qui n’utilisent pas Android mais son propre système d’exploitation (Chinadaily.com.cn). Selon un rapport publié le 7 juin 2019 dans le Financial Times (www.ft.com), Google tenterait actuellement de convaincre l’administration Trump de bousculer le nouvel ordre établi et de revoir sa position envers Huawei. La raison, cela expose les Etats-Unis à des risques sécuritaires (l’espionnage notamment), parce qu’une version d’Android modifiée par Huawei serait plus susceptible d’être piratée. Il n’y a pas que Google qui ce conflit exaspère.

Les fabricants de chaussures et leurs distributeurs, dont Adidas, Nike, Puma et Steve Madden, ont, eux, exhorté Donald Trump à retirer « immédiatement » les chaussures de la liste des produits manufacturés susceptibles d’être frappés à leur tour par des tarifs douaniers supplémentaires, nous apprend le journal Sud-Ouest Eco.

 


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Economie